Boni de liquidation : calcul, imposition et pièges 2026

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Boni de liquidation : le partage entre associés après la fermeture de la société — Le Guichet des Formalités

C'est la question qui arrive tout à la fin d'une fermeture d'entreprise — et souvent trop tard : que reste-t-il aux associés une fois la société liquidée, et combien l'administration fiscale en prélève-t-elle ? Ce reliquat porte un nom, le boni de liquidation. Définition claire, deux méthodes de calcul avec un exemple chiffré, imposition aux taux en vigueur en 2026, et surtout ce que presque personne n'explique : à quel moment précis du calendrier de la liquidation le boni est réellement versé.

L'essentiel en 30 secondes. Le boni de liquidation est la somme que se partagent les associés d'une société dissoute, une fois les actifs vendus, les créanciers payés et les apports repris. Calcul le plus simple : capitaux propres − capital social. Pour un associé personne physique, il est imposé comme un revenu de capitaux mobiliers : prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % + prélèvements sociaux portés à 18,6 % en 2026, soit 31,4 % au total (taux en vigueur en 2026 — faites valider votre cas par votre expert-comptable). S'il y a plusieurs associés, un droit de partage de 2,5 % s'ajoute. Le boni n'est versé qu'à la clôture de la liquidation, jamais avant.

Boni de liquidation : la définition simple

Le boni de liquidation désigne les sommes que se partagent les associés d'une société dissoute, après la réalisation des actifs (vente des biens, recouvrement des créances), le paiement des créanciers et la reprise des apports de chacun. Autrement dit : quand tout a été vendu, que toutes les dettes sont réglées et que chaque associé a récupéré sa mise de départ, ce qui reste est le boni (définition fiscale de référence : BOFiP, BOI-RPPM-RCM-10-20-40).

Le boni se répartit entre les associés au prorata de leurs parts — sauf si une clause des statuts prévoit une autre clé de répartition. Un associé qui détient 30 % des parts perçoit donc, en principe, 30 % du boni. Cette règle vaut pour toutes les formes de sociétés : SARL, SAS ou SASU, et aussi pour les sociétés civiles — le cas particulier de la SCI, où la liquidation porte souvent sur un bien immobilier, est traité dans notre guide dissolution d'une SCI.

Comment calculer le boni de liquidation ? (2 méthodes + exemple)

Réponse directe : deux méthodes, qui aboutissent au même résultat. La plus rapide part du haut du bilan, la seconde le reconstitue ligne à ligne :

  • Méthode soustractive (la plus utilisée) : boni = capitaux propres − capital social. On prend les capitaux propres tels qu'ils ressortent des comptes de liquidation, on retranche le capital social (les apports repris par les associés) : le solde est le boni ;
  • Méthode additive : boni = réserves + report à nouveau + bénéfices non taxés. On additionne tout ce que la société a accumulé sans le distribuer. C'est la méthode de contrôle : elle doit retomber sur le même montant que la soustractive.

Exemple chiffré. Une société a été créée avec un capital social de 10 000 €. À l'issue des opérations de liquidation, ses capitaux propres s'élèvent à 25 000 € (soit, en méthode additive, 10 000 € de capital + 15 000 € de réserves et report à nouveau accumulés).

ÉlémentMontant
Capitaux propres à la clôture de la liquidation25 000 €
Capital social (apports repris, non imposés)− 10 000 €
Boni de liquidation à partager15 000 €

Deux associés à parts égales se partageraient donc 7 500 € chacun — avant imposition, que nous voyons maintenant.

Comment le boni de liquidation est-il imposé ?

Réponse directe : pour un associé personne physique, le boni est imposé comme un revenu de capitaux mobiliers — au même titre qu'un dividende. Seul le boni est taxé : la reprise des apports (le capital social), elle, ne l'est pas. Aux taux en vigueur en 2026 :

  • Prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % en 2026 selon les sources fiscales spécialisées — soit 31,4 % au total. Sur notre exemple de 15 000 € de boni, cela représenterait 4 710 € de prélèvements ;
  • Option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, possible en remplacement du PFU — intéressante ou non selon votre tranche d'imposition et l'ensemble de vos revenus ;
  • Droit de partage de 2,5 % sur le boni lorsqu'il est partagé entre plusieurs associés — soit 375 € sur notre exemple. À l'inverse, l'associé unique (SASU, EURL, SCI unipersonnelle) n'est pas redevable du droit de partage, puisqu'il n'y a rien à partager ;
  • Si l'associé est une société (personne morale), le boni ne relève pas de ce régime : il entre dans son résultat imposable, selon des règles propres à sa situation.

Ces taux sont ceux en vigueur en 2026 et l'imposition réelle dépend de votre situation personnelle (autres revenus, option barème, qualité de l'associé) : faites valider votre cas par votre expert-comptable avant de clôturer la liquidation.

Et le mali de liquidation ?

Le calcul peut aussi ressortir négatif : c'est le mali de liquidation. Concrètement, une fois les actifs vendus et les créanciers payés, il ne reste pas assez pour rembourser l'intégralité des apports — les associés perdent tout ou partie de leur mise de départ. La contrepartie logique : comme il n'y a pas d'enrichissement, il n'y a pas d'imposition du boni — ni PFU, ni droit de partage. Le traitement du mali dans votre déclaration personnelle mérite néanmoins d'être vérifié avec votre expert-comptable.

Attention à ne pas confondre mali et dettes impayées : un mali suppose que tous les créanciers ont été réglés. Si la société ne peut plus faire face à ses dettes, elle est en cessation des paiements et la liquidation amiable n'est plus possible — c'est alors le tribunal qui prend la main (voir notre article sur la liquidation amiable).

Quand le boni est-il versé ? Le calendrier réel

Réponse directe : à la toute fin de la procédure, après l'assemblée de clôture de la liquidation — jamais au moment de la dissolution. C'est le point que la plupart des guides oublient : entre la décision de fermer et le versement du boni, il y a toute une procédure, avec deux annonces légales obligatoires :

ÉtapeCe qui se passeLe boni ?
1. Dissolution Les associés votent la dissolution anticipée en assemblée et nomment un liquidateur ; publication d'une annonce légale de dissolution (forfait réglementé 153 € HT), puis dépôt de la formalité au guichet unique. Rien n'est versé : on ne connaît même pas encore son montant.
2. Opérations de liquidation Le liquidateur dresse l'inventaire, vend les actifs, paie les dettes et établit les comptes de liquidation. C'est là que le boni (ou le mali) se calcule. Le montant se cristallise dans les comptes de liquidation.
3. Clôture L'assemblée approuve les comptes et constate le boni ou le mali ; publication de l'annonce légale de clôture de liquidation (forfait 111 € HT), puis radiation de la société. Le boni est versé aux associés, au prorata des parts.

Les deux annonces sont au forfait réglementé — les montants par formalité sont détaillés dans notre grille des tarifs d'annonces légales. Cas particulier : quand l'associé unique est une société, la dissolution par transmission universelle de patrimoine (TUP) transmet tout le patrimoine à l'associé sans liquidation — donc sans boni au sens strict.

Dissoudre ma société : le guide étape par étape →
La frise complète dissolution → liquidation → radiation, les documents exacts et les deux annonces légales — vérifié par nos formalistes.

Peut-on optimiser le boni de liquidation ?

Réponse directe : il n'existe pas de recette miracle, mais trois paramètres font varier la note finale — et ils se décident avant la clôture, pas après :

  • PFU ou barème progressif ? Le PFU s'applique par défaut, mais l'option pour le barème peut être plus favorable selon votre tranche d'imposition et vos autres revenus de l'année. C'est un calcul à faire au cas par cas ;
  • Le timing de la clôture. Le boni est imposé au titre de l'année où il est perçu : clôturer en fin d'année ou au début de la suivante peut changer l'année de rattachement — et donc l'articulation avec vos autres revenus ;
  • La configuration de l'actionnariat. Le droit de partage de 2,5 % ne frappe que le boni partagé entre plusieurs associés : la situation d'un associé unique n'est pas la même que celle d'une société à plusieurs.

Ces pistes sont des points d'attention généraux, pas des conseils fiscaux : chaque situation est particulière et les conséquences se chiffrent en milliers d'euros. Étudiez le scénario avec votre expert-comptable ou votre conseil avant de convoquer l'assemblée de clôture.

FAQ — le boni de liquidation en questions

Comment calculer le boni de liquidation ?
Deux méthodes équivalentes : la soustractive (capitaux propres − capital social) et l'additive (réserves + report à nouveau + bénéfices non taxés). Exemple : 25 000 € de capitaux propres pour 10 000 € de capital → boni de 15 000 €.

Quelle est l'imposition du boni de liquidation en 2026 ?
Pour un associé personne physique : revenus de capitaux mobiliers, soit PFU de 12,8 % + prélèvements sociaux portés à 18,6 % en 2026 (31,4 % au total, taux en vigueur en 2026), avec option possible pour le barème progressif. Faites valider votre cas par votre expert-comptable.

Qui paie le droit de partage de 2,5 % ?
Il s'applique sur le boni partagé entre plusieurs associés. L'associé unique (SASU, EURL) en est dispensé : sans partage, pas de droit de partage.

Qu'est-ce qu'un mali de liquidation ?
C'est le résultat négatif de la liquidation : après paiement de tous les créanciers, il ne reste pas de quoi rembourser l'intégralité des apports. Les associés perdent tout ou partie de leur mise, et il n'y a pas d'imposition du boni.

Quand le boni de liquidation est-il versé ?
À la clôture de la liquidation : après l'assemblée qui approuve les comptes de liquidation et constate le boni, la publication de l'annonce légale de clôture (111 € HT) et juste avant la radiation de la société.